L'AVIATION LEGERE ET L'ENVIRONNEMENT SONORE
1 - La mesure du bruit
Quelques informations :
La mesure du bruit se fait selon une échelle logarithmique. Petit exemple : si deux sources sonores de 50 dB fonctionnent ensemble, la somme des deux ne donnera pas 100 dB, mais 53 dB. En effet, 3 dB correspondent à un doublement de la puissance.
Une différence de niveau sonore de 3 dB (soit du simple au double) est le minimum de différence entre deux sources sonores perceptibles. Une différence de 6dB (du simple au quadruple) est un peu plus nettement perçue.
Dans le cas de mesures où un bruit ambiant existe, il faudra soustraire la valeur du bruit ambiant.
Si la différence de niveau des sources sonores additionnées est supérieure à 10 dB , seule le niveau de la plus puissante sera tenu en compte, la source la plus faible sera de toute façon masquée.
D'autre part, un aspect physiologique intervient dans la perception des niveaux sonores: un bruit sourd sera perçu comme moins gênant qu'un bruit aigu, même si ce dernier a une puissance bien moins forte.
Quelques ordres de grandeur :

2 - Les avions légers et les contraintes de bruit
Le bruit généré par un avion léger monomoteur se divise en trois groupes :
- le bruit du moteur seul : en moyenne 44 % du bruit total de l'aéronef
- le bruit généré par l'hélice : en moyenne 51 %
- le bruit aérodynamique, généré par la cellule de l'avion qui pénètre dans l'air : en moyenne 5%
Ces valeurs sont des moyennes, et varient considérablement en fonction de la phase de vol (décollage, vol de croisière, atterrissage). Un facteur "temps" intervient également dans le bruit d'un avion : un appareil qui vole lentement sera perçu comme plus gênant qu'une machine rapide pourtant plus bruyante.
Le remplacement d'un moteur thermique par un moteur électrique et l'optimisation de l'hélice montée sur le moteur électrique pourrait permettre d'abaisser le niveau sonore de 67 dB à 45 dB (estimation). L'utilisation d'un moteur électrique est une solution parmi d'autres : hélices et échappements silencieux, capotages des moteurs thermiques, optimisation des vols, etc. Des études sont menées depuis une vingtaine d'années dans le milieu aéronautique, en particulier dans le secteur des ULM.
3 - La réglementation
L'Etat français s'assure que tout aéronef civil immatriculé sur son territoire ne soit autorisé à y être utilisé que s'il a accordé la certification acoustique sur la base de la production de preuves satisfaisantes, selon lesquelles l'aéronef répond à certaines spécifications bien définies. L'obtention d'un Certificat de Limitation de Nuisances (CNL) est obligatoire pour tous les avions, y compris les avions légers. Les ULM sont également soumis à contrôle.
4 – Les publications
Le Comité National du Bruit (CNB) a émis en 2002 un rapport qui a été remis au ministre de l'Environnement, et qui prône des engagements de bonne conduite de la part des utilisateurs d'avions légers ainsi que la réduction du bruit à la source (silencieux d'échappement et hélices).
Le Sénateur Belot, dans son rapport "Mission sur l'aviation sportive et de loisirs" de novembre 2004, indique clairement que "la diminution des nuisances sonores est progressivement devenue une condition de la pérennité de l'aviation légère".
La DGAC et les Fédérations Aéronautiques émettent régulièrement des rapports et des études sur l'environnement sonore aux abords des aérodromes.
5 - Les associations de riverains d'aérodromes
Ces nuisances sonores suscitent un nombre croissant de plaintes de riverains des aérodromes, qui se fédèrent en associations locales et nationales. On compte à ce jour en France 138 associations de lutte contre les nuisances sonores générées par les avions, ce qui est considérable. La tendance est la même dans tous les pays d'Europe. Partout les riverains se plaignent en priorité des nombreux tours de piste réalisés par les clubs (plus de 2/3 des mouvements).
Ces associations se sont regroupées dans le cadre d'un Collectif Européen et présentent actuellement les deux motions suivantes auprès du Parlement Européen :
- Que des réglementations soient promulguées en Europe de manière à ce que tous les aéronefs de l'aviation légère soient équipés de systèmes réducteurs de bruit efficaces avant la fin de 2009 de manière à protéger les populations survolées.
- Que les activités d'écolage soient immédiatement interdites pendant les jours de semaine durant une période de 3 heures à positionner dans la journée en fonction des conditions locales, et pendant les week-ends et les jours fériés à partir de midi.
Elles insistent également pour interdire toutes nouvelles constructions de hangars pour abriter les aéronefs, et pour limiter les nouvelles créations d’organismes de formation.
Il est nécessaire de discuter avec ces associations et de proposer de nombreuses solutions pour permettre aux activités aéronautiques de s'intégrer harmonieusement dans l'espace.
6 - Les moteurs électriques, une solution désormais disponible dans l'aviation légère
La survie du secteur de l'aviation légère passe essentiellement par la réduction du bruit à la source, c'est-à-dire par des solutions techniques : il faut pouvoir équiper les appareils de moteurs les plus silencieux associés à des hélices optimisées et moins bruyantes.
Tout converge aujourd'hui à l'émergence de solutions nouvelles techniquement applicables pour réduire et même pour supprimer les nuisances sonores provenant du groupe motopropulseur des aéronefs. De nombreux progrès ont été réalisés ces dernières années, et bien des développements restent à mener. L'APAME s'y emploie dans son domaine d'activité.
Des entreprises commencent à proposer des solutions sérieuses, fiables et homologuées : voir la page Aéronefs Electriques
